Les eurodéputés ont infligé jeudi un revers à la Commission européenne sur le dossier brûlant des discussions commerciales entre l’UE et les Etats-Unis, au moment où Donald Trump menace de nouveau les Européens de sanctions commerciales.

Le Parlement européen a refusé d’adopter un texte sur l’ouverture ou non de «pourparlers commerciaux avec les Etats-Unis», a expliqué le service de presse de l’institution après le vote.

Par conséquent, «il n’y a pas de position du Parlement européen sur le sujet», a-t-il ajouté.

Même si le Parlement n’a qu’un rôle consultatif sur cette question, il s’agit d’un camouflet pour les Etats membres et la Commission, qui espéraient recevoir son soutien.

Dans la foulée, le président américain, Donald Trump, a lancé un avertissement aux Européens, sans que l’on sache s’il est lié au vote des eurodéputés: «s’ils ne nous parlent pas, nous allons prendre des mesures qui seront graves économiquement».

«Ils négocient. Sinon, nous prendrons des mesures qui seront bonnes pour les Etats-Unis», a poursuivi l’hôte de la Maison Blanche, qui menace toujours d’imposer des taxes douanières, notamment sur le secteur automobile.

La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, avait dit le mois dernier espérer «une décision rapide» des Etats membres après le vote au Parlement sur un mandat de négociation qui lui permettrait de parler en leur nom.

«Je prends note du vote», a-t-elle commenté jeudi, renvoyant au «résultat des discussions au Conseil», qui représente les Etats membres. Elle a admis que les députés «avaient soulevé des inquiétudes importantes» lors du débat parlementaire.

— «C’est regrettable» —

«Le vote d’aujourd’hui est le signe d’un Parlement européen divisé alors que tous étaient d’accord sur une chose: faire preuve de plus de fermeté», a réagi l’eurodéputé français Franck Proust (PPE, droite).

«Au lieu de cela, nous n’avons pas de position et les Etats membres seront plus enclins à céder face aux pressions américaines. C’est regrettable», a-t-il ajouté.

L’UE et les Etats-Unis s’efforcent depuis des mois de concrétiser l’entente commerciale annoncée fin juillet par le président américain, Donald Trump, et le chef de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, notamment en négociant un accord commercial limité aux biens industriels.

Cette annonce avait permis une trêve dans les tensions entre les deux parties, au moment où M. Trump menaçait de taxer lourdement l’industrie automobile européenne.

Mais la pression est remontée depuis que Donald Trump a réitéré ses menaces fin février: «si nous ne trouvons pas un accord (commercial avec l’UE), nous imposerons des tarifs douaniers» sur les voitures, avait-il dit.

Les Etats membres de l’UE peinent cependant à afficher leur unité sur ce sujet.

Berlin veut à tout prix échapper à des taxes sur les automobiles, un secteur vital pour son économie. Mais Paris freine l’ouverture de négociations de crainte de réveiller les opposants au libre-échange en pleine crise des «gilets jaunes» et à quelques semaines des élections européennes.

Le France redoute de réveiller le spectre du très impopulaire TTIP, un large accord commercial négocié avec Washington à partir de 2013, mais «mis au frigo» trois ans plus tard et à l’origine d’un vaste mouvement européen contre le libre-échange.

Le lancement de ces négociations achoppe aussi sur le fait que Washington entend inclure l’agriculture, ce que refuse les Européens.

«Les Etats-Unis ne peuvent pas avoir un accord commercial avec l’Europe qui ne traite pas de l’agriculture. Eux sont d’avis qu’un accord ne doit pas comporter ce volet», avait averti mardi le négociateur commercial en chef de Donald Trump, Robert Lighthizer.

«Nous sommes dans une impasse», a ajouté le représentant américain au Commerce (USTR).

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