En 2018, le fonds souverain norvégien a voté lors de 11.287 assemblées générales d’actionnaires sur 113.546 résolutions, dont 97,8 % à l’initiative des sociétés et 2,2 % de leurs actionnaires. Le fonds s’est opposé à une ou plusieurs résolutions dans 27,5 % des assemblées générales. Il a voté contre 7,2 % des propositions sur la rémunération des dirigeants. Un chiffre qui progresse nettement : il y a encore deux ans, il ne s’était opposé qu’à 2,8 % des résolutions sur cette question sensible.

L’année passée, les actionnaires ont rejeté 168 résolutions sur les rémunérations, et le fonds a constaté leur « insatisfaction croissante à l’égard des salaires des dirigeants » et notamment de la « structure complexe » et « peu prévisible » de leurs émoluments. « Nous avons été particulièrement attentifs à la transparence et au plan de rémunération à long terme, ainsi qu’à leur niveau comparé aux bénéfices de la société ».

Dissociation des fonctions

Le fonds souverain reste un partisan farouche de la dissociation des deux fonctions, directeur général et président du conseil d’administration, et s’est opposé aux résolutions de groupes qui voulaient regrouper les deux rôles. « La combinaison de ces deux rôles est particulièrement répandue aux Etats-Unis, mais elle a diminué de 44 % à 33 % entre 2012 et 2018 pour les sociétés qui composent l’indice Russell 3.000 » note le fonds, dans son rapport. Dans la grande majorité des cas (94,6 %), le fonds a adoubé les nouveaux administrateurs proposés par le conseil d’administration.

En 2018, le fonds a exclu 13 sociétés de son portefeuille pour des raisons éthiques. Six l’ont été pour des dommages à l’environnement ou des violations des droits de l’homme, une (JBS SA) pour corruption, et quatre dans le domaine de l’armement (BAE systems). Il a aussi cédé ses participations dans 30 groupes du fait des risques extra-financiers (environnement, social, gouvernance) qui pèsent sur ces sociétés.

Le fonds souverain s’est opposé au management sur des sujets comme les défenses anti-OPA, les avantages en nature dans les rémunérations. Il a voté en faveur de résolutions pour davantage de transparence sur la manière dont les géants d’internet (Twitter, Facebook, Alphabet) utilisent les données des leurs utilisateurs. Il a apporté son soutien à une résolution sur une politique responsable en matière de paiement d’impôts chez Facebook mais cette proposition n’a recueilli que 1,4 % des votes. La transparence des sociétés sur la manière dont elles paient leurs impôts est, plus généralement, un domaine dans lequel elles ont encore beaucoup de progrès à faire.

Empreinte carbone

En amont des assemblées générales, le fonds rencontre les entreprises pour les sensibiliser à divers risques et problématiques. Dans une rencontre sur trois, il soulève la question de l’environnement. Près d’une société sur deux communique très mal sur les risques de leurs activités sur le changement climatique. Les groupes européens communiquent mieux sur ce sujet que les autres. Au travers de ses participations boursières (pétrole, matériaux de base, industrie…), le fonds a émis, indirectement, 107 millions de tonnes de C02 en 2018, soit deux fois plus que les émissions réelles de son pays, la Norvège. Les sociétés de son portefeuille émettent 187 tonnes de C02 pour 1 million de dollars de chiffre d’affaires.

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